RÉCITS IDÉOLOGIQUES

  • LABORATOIRE
  • CORPS
    • Corps en santé
    • Obésité
    • Transhumanisme
  • GÉOPOLITIQUE
  • SOCIÉTÉ
  • TECHNOLOGIES
    • Biotechnologies
    • Intelligence artificielle
  • CONTACT
David Suzuki ou la fin de l’écologie polie

David Suzuki ou la fin de l’écologie polie

Puissances en friction : les États-Unis contre le monde entier

Puissances en friction : les États-Unis contre le monde entier

L’algorithme avec un grand A

L’algorithme avec un grand A

L’autorité scientifique dans le discours climatique

L’autorité scientifique dans le discours climatique

LE SALAIRE DES PDG, L’INDIGNATION QUI
REVIENT EN DÉBUT DE CHAQUE D’ANNÉE

Grille d’analyse utilisée

Sources

Chaque janvier, les médias canadiens montrent que les PDG gagnent des fortunes astronomiques, révélant une injustice sociale spectaculaire et systémique, provoquant ainsi une indignation collective.

Chaque début d’année, les médias déroulent le même spectacle à partir du rapport annuel du Centre Canadien de Politiques Alternatives : les 100 PDG les mieux payés ont engrangé en moyenne plus X millions de dollars que l’année précédente, soit Y fois plus que le salaire d’un travailleur moyen. Le chiffre frappe. Instantanément. Et derrière cette répétition annuelle se cache une stratégie narrative implacable : transformer des données froides en une histoire que chacun ressent comme profondément injuste. Le procédé est presque théâtral. Les journalistes utilisent le temps comme arme symbolique : avant même de finir son premier café, un PDG a déjà gagné ce qu’un employé gagne en une année entière. L’indignation naît ici, au croisement du choc visuel et moral. La temporalité devient un révélateur : le travailleur ordinaire voit sa valeur mesurée en miettes, tandis que le dirigeant accumule des fortunes exponentielles, sous les yeux de tous.

Consulter le sommaire

À 9 h 23 le 2 janvier 2026, les 100 PDG les mieux payés du Canada avaient déjà gagné ce que le travailleur moyen gagnera toute l’année :

  • PDG le mieux payé de l’histoire canadienne : 205,5 millions de dollars pour le PDG de Shopify.
  • Salaire moyen des 100 PDG canadiens les mieux payés : 16,2 millions de dollars.
  • « Salaire minimum » pour qu’un PDG figure sur la liste des mieux payés : 7,2 millions de dollars.
  • Écart le plus important entre le salaire d’un PDG et celui du travailleur moyen : 248 fois.

Depuis 2020, la rémunération des PDG a augmenté de 49 %, tandis que celle des travailleurs n’a augmenté que de 15 %. Comparez cela au coût de la vie :

  • Le bœuf a augmenté de 39 %, le poulet de 27 %, le bacon de 29 % et les pâtes de 47 %.
  • Le loyer a augmenté de 26 %, la propriété immobilière de 29 %, les services publics de 23 %.

Les profits des entreprises dépassent désormais 600 milliards de dollars par an, bien au-dessus des niveaux prépandémiques.
La rémunération des PDG se compose désormais à 84 % de primes—des primes basées sur les profits des entreprises.

Le salaire des PDG, le choc qui revient en début de chaque d’année – 2026

Mais l’effet ne se limite pas au chiffre. Cette répétition annuelle illustre une tendance historique : l’écart n’est plus marginal, il est abyssal. Passer d’un rapport de 1 à 20 dans les années 80 à 1 à 250 aujourd’hui raconte l’histoire d’une société fracturée : deux mondes économiques qui ne partagent plus les mêmes règles, les mêmes réalités. Et c’est là que l’indignation devient discours : la concentration extrême de richesse n’est pas une anomalie, c’est une politique implicite, un choix collectif invisible mais tangible, qui fait du quotidien du travailleur moyen une expérience presque invisible.

Les mécanismes sont connus, mais fascinants par leur efficacité pour les PDG en question : rémunération variable, options et actions gratuites, primes liées aux objectifs à court terme. Chaque hausse du marché se traduit directement en fortune personnelle, tandis que les salariés, eux, suivent une courbe linéaire et lente. Les conseils d’administration entretiennent la compétition : jamais un dirigeant « sous-payé », toujours un PDG à la hauteur de la norme, et la richesse grimpe, inexorablement.

L’indignation s’amplifie lorsque l’on mesure l’inadéquation : la rémunération des dirigeants, déconnectée des réalités du travail et de l’économie réelle, contraste avec des salaires freinés par l’automatisation ou la concurrence mondiale. Ce n’est plus seulement un chiffre : c’est un symbole de l’injustice sociale. Les médias, en donnant une voix aux statistiques, transforment la frustration diffuse en débat public concret. Les travailleurs voient, chaque année, un spectacle où leur effort quotidien est invisibilisé, tandis qu’au sommet, les fortunes se construisent comme si l’éthique et la solidarité sociale étaient des accessoires facultatifs.

Ainsi, ce rendez-vous médiatique annuel ne se limite pas à informer. Il suscite la réflexion, il allume la colère : chaque million gagné avant midi devient un rappel que le système économique actuel amplifie les inégalités, qu’il sacralise la fortune au détriment du travail, et que l’indignation face à ces écarts peut se transformer en exigence collective de justice.


SOURCES

  • Living the high life: A record-breaking year for CEO pay in Canada – CCPA
  • CEO Pay Surged 35% At The Lowest-Paying S&P 500 Companies Between 2019 And 2024, Report Says
  • Travail – Salaires, traitements et autres gains – Liste des enquêtes et programmes statistiques
  • CEO pay slightly declined in 2022: But it has soared 1,209.2% since 1978 compared with a 15.3% rise in typical workers’ pay | Economic Policy Institute

DÉFIS DE SOCIÉTÉ

David Suzuki ou la fin de l’écologie polie

David Suzuki ou la fin de l’écologie polie

Puissances en friction : les États-Unis contre le monde entier

Puissances en friction : les États-Unis contre le monde entier

L’autorité scientifique dans le discours climatique

L’autorité scientifique dans le discours climatique

Chine en 2026 : gagner sans hausser la voix

Chine en 2026 : gagner sans hausser la voix

Royaume-Uni 2026 : l’art de l’équilibre et de l’ajustement

Royaume-Uni 2026 : l’art de l’équilibre et de l’ajustement

Le choc des géants : l’ordre mondial à l’aube de 2026

Le choc des géants : l’ordre mondial à l’aube de 2026

© Laboratoire des discours contemporains, 2026 / Pierre Fraser (PhD, linguiste et sociologue), 2015-2025

Partager :

  • Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
J’aime chargement…

À paraître le 15 janvier 2026

Cet essai n’est ni un pamphlet ni un manuel de décodage miracle. C’est une analyse pour tous qui propose de comprendre comment fonctionnent les grands régimes discursifs contemporains — écologistes, politiques, technoscientifiques, économiques, moraux, santé, etc. — et ce qu’ils font à notre manière de voir, de croire et de juger.

Sans dénoncer, sans moraliser, et avec une distance parfois légèrement ironique, ce petit traité de survie en temps de catastrophe invite à lire les discours avant de s’y soumettre, à reconnaître leurs formes avant d’adhérer à leurs conclusions, et à cultiver une lucidité praticable dans un monde qui parle beaucoup, très fort, et rarement à voix basse.

Un livre pour celles et ceux qui ne cherchent pas la vérité absolue, mais qui aimeraient, au minimum, ne pas confondre assurance discursive et réalité.

NOS CHAMPS DE RECHERCHE

Corps et santé

Corps et santé

Transhumanisme

Transhumanisme

Biotechnologies

Biotechnologies

Intelligence artificielle

Intelligence artificielle

Société

Société

 

Chargement des commentaires…
 

    • Commentaire
    • Rebloguer
    • S'abonner Abonné
      • GRANDS RÉCITS CONTEMPORAINS
      • Rejoignez 64 autres abonnés
      • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
      • GRANDS RÉCITS CONTEMPORAINS
      • S'abonner Abonné
      • S’inscrire
      • Connexion
      • Copier lien court
      • Signaler ce contenu
      • Voir la publication dans le Lecteur
      • Gérer les abonnements
      • Réduire cette barre
    %d